• ô la belle vie ... de l'apprentie dentellière

     

    apprentie 4 p350

        

    Comment les petites dentellières

     des siècles passés

     

     apprenaient-elles leur métier ?

         

    Avec leur maman, leur tante, leur grand mère ?

    oui certainement, mais de cet apprentissage familial, nous ne savons pas grand chose.

     

       

    Parfois on passait un accord avec la voisine dentellière, qui se chargeait d'enseigner ce qu'elle savait à la petite fille, moyennant finance ou compensation en nature, mais de ça aussi nous n'avons pas trace, sauf ....

     

     

     

     

    sauf si les deux parties avaient eu la bonne idée d'établir un véritable contrat qui va arriver jusqu'à nous.

     

    Ainsi ce boucher d'Alençon qui va demander à deux veuves, deux dentellières à l'aiguille, de prendre sa fille Catherine en apprentissage, charge à lui de fournir le matériel nécessaire, et de donner en contrepartie aux deux veuves un morceau de viande de 4 sols tous les samedis.

     

       

     

     

    Il y avait aussi l'apprentissage collectif par les manufactures royales qui se sont chargées de former leurs dentellières, ou par les nombreuses oeuvres de charité qui avaient pour but d'enseigner aux jeunes fille un « métier honnête ».

     

     

    Mais très souvent, les familles plaçaient leur petits filles

    en apprentissage ,

    chez des dentellières, ou, généralement chez des marchants,

    en établissant un contrat en bonne et due forme.

     

    On a ainsi pu retrouver nombre de ces contrats, dont certains datent du XVIIeme siècle,

     des« baux de services » d'enfants,

    des « baux à titre de nourriture et entretenement », etc.

     

     

    apprentie 3 p400

     

     

    Que nous racontent ces contrats ?

       

    Que les enfants avaient généralement entre 7 et 12 ans à la signature,

    que la durée moyenne du contrat était de 6 ans.

    Beaucoup quittaient l'apprentissage vers l'âge de 18 ans, pour s'établir.

     

    Le bailleur ne verse habituellement pas d'argent au maître d'apprentissage

    (sauf dans le cas de contrats de courte durée, surtout en ville),

     

    au contraire, c'est le maître d'apprentissage qui pend à sa charge le logement, la nourriture et l'entretien du linge  de l'enfant

    « quéry ses vivres, fourny feu, lict et chandelle ».

     

     

      apprentie 5 p350

     En cas de maladie, le maître peut s'engager à

    « fait panser et médicaments quinze jours durant ».

       Bon, faudra pas s'imaginer être malade trop longtemps, hein

     

       

    Parfois, le preneur se charge aussi d'habiller la jeune apprentie :

    « entretenue d'habits, linge, chausses et souliers »

       

    D'autres fois, surtout en campagne, il est même prévu qu'elle pourra emporter à la fin du contrat

    « ses habits journaliers et ceux du dimanche »,

       

     voire même un trousseau neuf, dont le montant est précisé et la composition parfois soigneusement détaillée dans le contrat, le maître s'engage ainsi à la fin du contrat à

    « l'entrousseler bien et honnestement suivant sa condition »

      

        

     

     

     

    apprentie 1 p230  

     

    Si en ville le contrat est souvent de courte durée, en campagne, il était généralement beaucoup plus long, et les « devoirs » du maître plus complets,

     

     L'enfant peut ainsi être élevée par ses maîtres d'apprentissage, et certains contrats précisent que le preneur devra les traiter « comme si c'était leur propre enfant », sachant qu'en plus d'apprendre et faire de la dentelle, on pourra lui demander d'autres menus services.

     

     

       

    Ainsi en 1770, Renée Jousselin se chargera d'enseigner « le velin » (= la dentelle à l'aiguille) à deux soeurs de 10 et 11 ans

     « sans en rien cacher »

    et ce, pendant huit ans.

     

    Elle les logera, les nourrira, les enverra à la messe et au catéchisme, et même s'engage à leur apprendre à lire et à écrire

    (ce qui était loin d'être toujours le cas !).

     

     

     

     

     

     ô la belle vie ?

    logée nourrie blanchie !

       

    Pas sûr, car il y a bien entendu une contrepartie :

     

    l'enfant va apprendre la dentelle et en faire .... en faire ...

    ... en faire beaucoup !

     

    et le gain tiré de la vente de ces dentelles reviendra en intégralité au maître d'apprentissage

     

     

    apprentie 7 p450   C'est pourquoi ces contrats sont souvent établis pour plusieurs années, afin de bénéficier au maximum des progrès de la jeune apprentie :

    plus elle deviendra experte

    plus ses dentelles seront vendues chères.

      

    Regardez le nombre de fuseaux de cette jeune apprentie dentellière belge de 16 ans !

        

     

    Les contrats contiennent même des clauses de rupture,

       ainsi Renée a pris la précaution de préciser que la mère des deux fillettes devra payer 300 livres si jamais elle retirais ses enfants avant le terme du contrat.

       

     Et ne croyez pas qu'elles apprenaient la dentelle progressivement et tranquillement .

       Il ne s'agissait pas de s'exercer à coup de petits échantillons comme on le fait aujourd'hui.

     

    L'enfant devait réaliser à chaque fois des mètre et des mètres de dentelle.

      C'était le cas même pour les dentelles d'apprentissage les plus basiques, ces petits lacets de moins de 10 fuseaux qui étaient utilisés comme engrelure.

      ainsi en 1665, un contrat précise que la petite Hélaine Paulmier

    sera logée, nourrie, couchée, chauffée pendant l'année où elle apprendra la dentelle,

     

    ET ... 

     «  .... elle sera tenue de commencer à travailler à six heures de matin de chacun jour

    et quittera à huict heures du soir, hyver et esté »

     

     

    gloups ...

    ça fait quand même des bonnes journées

    et sans RTT 

     

    Alors .... partant(e)s pour signer ?

     

       

    apprentie 6 p250

     

     

    Pour écrire cet articles j'ai pioché la majorité des informations dans ces deux ouvrages :

    L'économie dentellière en région parisienne au XVIIe siècle par Béatrix de Buffévent 1984 . Un peu (beaucoup ) barbant à lire .... mais plein d'informations.

    La dentelle D'Alençon. Recueil de textes du XVII au XXeme siècle. Archives départementales de l'Orne 2001

     

    Et les images ?

    oui, là je sais, y a comme un décalage : je vous parle de contrats du XVIIe ou XVIIIe siècle, et je vous montre des photos du siècle dernier.

    Faut dire que j'ai pas trouvé une seule photo du XVIIe          vi vi .... j'vous assure, pas une seule ! 

     

    Se référer au numéro qui sont sur les photos et non à leur ordre d'apparition à l'écran

    1 - Détail d'une cate postale ancienne : jeune dentellière de Haute Loire

    2 - Détail d'une carte postale ancienne : Dentellières du Puy

    3 - Détail d'une carte postale ancienne : jeunes dentellières argentanaises

    4 - Détail d'une carte postale ancienne : Dentellières du Puy . Photo mise en scène bien sûr, ne croyez pas que les dentellières du Puy étaient si bien habillées et que leurs petites filles travaillaient avec des couronnes de fleurs dans les cheveux.

    5 - Photo extraite du catalogue d'une extraordinaire exposition présentée en 2004-2005 Musées Royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles,

    6 - une petite dentellière anglaise je n'ai pas retrouvé de qui est ce tableau, et où il se trouve  ??

     

     


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  • Commentaires

    1
    Samedi 9 Octobre 2010 à 20:01

    Très intéressant, ton article ! bonne soirée

    2
    Samedi 9 Octobre 2010 à 20:07

    Elles avaient quand même une drôle de vie,c'était du pur esclavage,je suis bien contente d'être à notre époque et que la dentelle soit un plaisir  pour nour !!merci meriem!!bisous

    3
    Samedi 9 Octobre 2010 à 20:18

    Ah ce qu'on est bien à notre petit cours de dentelle bi-mensuel, à boire le thé et à papoter...Et dire qu'elles finissaient souvent aveugles...et dire qu'il y a des snobs parmi nous qui refusent de transmettre leur savoir et qui se prennent pour des vedettes nous regardant du haut de leur suffisance, nous les débutantes (tu n'en fais pas partie, Meriem)...merci de nous rappeller l'humble, travailleuse et exploitée dentellière d'antan!

    4
    Samedi 9 Octobre 2010 à 20:33

    Merci pour ton reportage tu nous aprends dis donc Merci encore

    5
    Samedi 9 Octobre 2010 à 21:51

    Extraordinaire !

    Merci Meriem pour ces infos, on oublie trop souvent les conditions des enfants autrefois, ces longues années d’apprentissage d’un travail, non choisit  et impossible à changer.

     

    6
    Samedi 9 Octobre 2010 à 22:17

    Tout comme ma petite-fille de 9 ans qui voulait trouver des vidéos des temps préhistoriques !     Jjustement ce soir, vu le beau programme télé, je me suis plongée dans la condition des enfants en 1844 et plus... qui travaillaient en usine papetière par chez moi en Vexin; treize heures par jours; une coupure de deux heures... tes contrats sont assez exceptionnels Meriem. De quelle région sont-ils ? encore un article bien intéressant et qui va loin dans la dentelle... Amitiés, bon dimanche !

    7
    Dimanche 10 Octobre 2010 à 08:37

    oh oui alors que l'on est bien a notre epoque de faire de la dentelle pour notre plaisir...

    j'ai lu 2 livres qui a mon avis reflete assez bien la vie des dentellieres d'autrefois :judith-rose la dentelliere d'alencon de janine montupet et la kermmesse du diable d'annie sanerot-degroote

    bon dimanche

     

    8
    Dimanche 10 Octobre 2010 à 08:58

    très intéressant ce message ! leurs vies ne devaient pas être roses tout les jours

    la petite souris lol !

    9
    Dimanche 10 Octobre 2010 à 10:11

    Heureusement, les conditions de travail ont bien changé depuis ce temps-là! Très intéressant en tous cas :) merci Meriem et bon dimanche!

    10
    Dimanche 10 Octobre 2010 à 11:45

    merci à toi, j'ai eu beaucoup de plaisir à relire ces lignes lues au Puy pendant mon séjour au centre d'enseignement de la dentelle.

    11
    Dimanche 10 Octobre 2010 à 12:29

    c'est drôlement intéressant,comme tout tes articles(si si!!)

    merci beaucoup pour ce boulot

    12
    Lundi 11 Octobre 2010 à 09:33

    Quelle dure époque tout de même !!! Nous n'avons pas eu à nous plaindre nous !!!

    Merci beaucoup Meriem pour cet article très intéressant comme toujours.

    Bonne semaine.

    Bisous Meriem.

    13
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:36

    Merci   et bonne semaine à toi

    14
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:38

    Même si j'aime la dentelle, je m'imagine difficilement en faire du 6h du mat à 8h du soir !!!!

    je me dis qu'elles devaient avoir un mal de dos terrible !

    15
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:40

    oh là ..... on sent la colère encore toute fraiche là, non ?  

     

    16
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:42

    je suis sûre que tu vas avoir une petite pensée pour ces jeunes apprenties la prochaine fois que tu te mettras au travail

    17
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:45

    Oui, la dentelle a une mauvaise image chez les anciens des régions à forte tradition dentellière, et on le comprend.

    J'ai ri en lisant ton com' car j'ai hésité un moment entre un article sur l'apprentissage .... ou sur les dentelliers ! 

     Ces messieurs attendront, mais je ne manquerai pas de parler d'eux.

     

    18
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:48

    Heureusement qu'il y a des gens (je pense au Musée de Retournac par exemple) qui vont interroger les derniers témoins de cette époque, ce qu'ils ont à nous dire est tellement précieux.

     

    19
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:49

    heureusement !

    Quoique ... ça ne change pas partout dans le monde hélas.

    Aujourd'hui ces petites filles dentliières sont chinoises ... et je ne sais pas quelle vie elles ont ?

    20
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:50

    je suis très contente de mon "esclavage" actuel à la dentelle

    21
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:55

    Les deux ouvrages dont je me suis inspirée parlent des contrats de la région d'Alençon, et des contrats de Paris et alentours.

    L'ouvrage sur la dentelle dans la région parisienne est un peu ardu à lire, plein de chiffres, de détails et de références dans tous les sens (c'est en fait une thèse de je ne sais plus quoi ... j'peux pas vérifier, je ne suis pas chez moi), mais c'est très interessant.

    je n'ai pas trop développé dans mon article, mais l'auteur de cette thèse montre bien par exemple que les conditions d'apprentissages étaient très différentes entre Paris même et les campagnes aux environs.

     

    22
    Lundi 11 Octobre 2010 à 12:57

    Et oui, je pense que la phrase "Qu'est-ce que tu veux faire quand tu sera grand ?" et une invention bien  récente

    23
    Lundi 11 Octobre 2010 à 13:01

    J'avais dévoré ce roman (et sa suite "Judith Rose") bien avant de faire de la dentelle.

    C'est vrai qu'il montre très bien les conditions de travail des dentellières, le veritable travail à la chaîne que c'était, les rivalités, les secrets de fabrique bien gardés, la pénibilité , etc

    Mercie de l'avoir rappelé.

    24
    Lundi 11 Octobre 2010 à 13:05

    L'ouvrage dont j'ai tiré la photo parle de 1000 fuseaux. J'ai essayé de compter ... et je pense qu'effectivement on ne doit pas être loin des 1000

     

    25
    Lundi 11 Octobre 2010 à 13:07

    Ce sont des recherches tellement agréables et intéressantes à faire, je me régale ... et je suis contente d'arriver à transmettre un peu de cette passion

    26
    Lundi 11 Octobre 2010 à 13:21

    Ta remarque est interessante : souffraient-elles de leur condition ces petites apprenties ?

    "logée, chauffée, nourrie, habillée" .... ça semble tellement évident pour nous, tellement basique , c'est un du, et  nous n'accordons presque plus de "valeur" à cela.

    Mais pour ces enfants (et pour leurs familles), ce devait être très précieux : être assuré d'avoir quelque chose sur le dos, d'avoir un lit, d'avoir à manger pendant les 6 ou 8 ans à venir.

    Et ensuite, avoir un métier qui leur permettrait de continuer à avoir ce minimum vital. Elles vivaient peut être leur condition d'apprentie comme une "chance" !!!

     

    Retournac a édité un ouvrage avec le témoignage d'une vieille dentellière auvergnate. Je me souviens qu'elle raconte avec une immense satisfaction avoir ...  un tout petit logement chauffé ! Je ne me souviens plus de sa phrase exacte, mais elle avait véritablement la sensation d'avoir réussi sa vie au delà de ce qu'elle avait espéré  !

     

    27
    Lundi 11 Octobre 2010 à 14:38

    Il faut aussi rajouter que pendant l'apprentissage de l'art dentelier, on ne perdait pas de temps, tout y passait! Le catéchisme, les tables de multiplications! C'est que les fuseaux rythmaient le tout, un peu à la façon d'Alibert....

    28
    Lundi 11 Octobre 2010 à 16:42

    oups, ça fait réfléchir avant de crier à hue et à dia sur nos conditions de travail, même si ! la dentelle est un loisir "de luxe" vu le prix payé par nos chères ancêtres ne l'oublions pas, de bonnes raisons pour s'appliquer encore et encore et la faire perdurer

    29
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:04

    ah, je ne connais pas la Kermesse du diable, je vais essayer de le trouver en bibliothèque. Merci pour l'info

    30
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:05

    Merci aux personnes qui font des recherches et publient sur le sujet. Je ne fais que restituer un peu de mes lectures.

    31
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:08

    elles devaient bien avoir souvent des crises de fou rire cependant .... parce que qu'est-ce qu'on peut papoter et rigoler quand on fait notre dentelle, c'est pas croyable ! 

    .... à moins que les pauvrettes n'aient pas eu le droit de parler, c'est bien possible aussi. 

    32
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:09

    va savoir .... comme je le disais sur un com précédent, quelles sont les conditions de vie des petites chinoises qui travaillent le Cluny vendu aujourd'hui dans les magasins du Puy ?????

    33
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:14

    ouais ... c'est incroyable ... j'comprends pas   

    ce qui m'rassure, c'est que Sittelle m'a dit avoir fait chou blanc aussi quand sa petite-fille lui a demandé une vidéo des temps préhistoriques.

    On ne nous montre pas tout !!!!!  c'est un scandale !!!!!

    34
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:15

    Heureusement que la dentelle, ce n'est pas que de la technique, n'est-ce pas ?

    35
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:17

    je suis ravie que mes p'tits articles sur l'histoire de la dentelle, la mode .... plaisent aussi.

    Je sais que beaucoup attendent les articles techniques ... mais c'est mon blog après tout, je fais tout kesc'que j'veux

     

    Merci ma belle de me soutenir

    36
    Lundi 11 Octobre 2010 à 19:19

    Oui, ça laisse songeuse quand on pense à la vie des enfants d'aujourd'hui; heureusement que le monde change .... même si c'est pas toujours en bien

    37
    Lundi 11 Octobre 2010 à 23:28

    On ne peux comparer les époques, bien sûr, Mais ces jeunes filles avaient une certaine chance de pouvoir sortir de la misère quotidienne......Le travail était dur et long pour ces enfants....mais que devenaient les autres...??? Celles qui n'avaient pas de contrats...!!!!

    Encore un bel article Meriem.

    Bises Josianne, Jean Louis.

    38
    Mardi 12 Octobre 2010 à 09:12

    Merci de nous faire partager tes articles.

    Gros bisous.

    39
    Mardi 12 Octobre 2010 à 11:30

    J'ai adore cet article et j'ai relu celui sur l'engrelure !

    Encore des merveilleuses decouvertes !

    40
    Mardi 12 Octobre 2010 à 22:22

    Merci Meriem ...

    Encore un très beau reportage bien documenté sur les enfants et la dentelle !!!!.............Bien sûr , pour elles s'était un travail........... pour améliorer le quotidien de la famille........mais il en était de même à l'époque dans tous les métiers .......

    C'était le siècle du travail ....... et maintenant c'est le siècle des loisirs..........et ce qui n'a pas changé ,c'est que nous nous plaignons toujours des conditions difficiles  de travail !!!!!!!!!!! ...Pourtant comparativement !!!!!!!!!!!!!!!!!

    Bon , Bonne soirée ...gros bisoussssssss

    41
    Mercredi 13 Octobre 2010 à 20:50

    cela fait un peu frémir de voir ces petites filles travailler aussi dur à cet age là !!!!! Je crois que les enfants aujourd'hui ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont.

    Merci pour toute cette documentation très interressante !!!!!!!!! bravo

    42
    Jeudi 14 Octobre 2010 à 22:57

    Super article.

    Quand j'ai l'occasion de visiter un musée et que je vois des pièces très anciennes en dentelle, déjà j'admire la finesse du travail, mais je pense à ces dentellières qui étaient exploitées pour réaliser ces dentelles : 14h de travail/jour !

    Je pense à la fatigue, à leur dos, mais aussi à leurs yeux car quand il n'y avait pas assez de luminosité, elles faisaient la dentelle à la lueur de la bougie ! Pas génial quand un fil cassait pour réparer parmi les centaines de fuseaux de leur ouvrage, ou pour piquer une aiguille, ou pour voir une erreur, etc...

    Quand j'allais à mon cours en Normandie, et que je voyais  certaines dentellières de mon cours réaliser du Bayeux, je les admirais, car avec ma super vue de taupe ,  (je suis super myope, sans mes lunettes, je ne peux vraiment rien faire), et bien, j'aurai eu des difficultés pour réaliser un minuscule ouvrage, car les aiguilles étaient piquées quasiment les unes à côté des autres, et même avec un diagramme, cela m'aurait fatigué.

    Bisous

    43
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:38

    c'est ce qu'on se dit sur le moment ..... et puis 2 mn après on est toujours en train de se plaindre d'une chose ou une autre.

    Faut bien raler un p'tit peu, ça soulage, non ? 

    44
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:41

    mais ils ont raison de se plaindre les gosses d'aujourd'hui !

     eux aussi doivent se sentir esclaves .... de leur MP3 à une oreille et portable à l'autre, de 6 heures du matin à 8 heures du soir, hiver comme été !!!!!

    45
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:42

    avec des chansons faites exprès pour rythmer le va et vient des fuseaux !!!!

    46
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:43

    autrefois elles faisaient de la dentelle pour gagner leur vie

    ...

    aujourd'hui on gagne notre vie ....pour avoir le loisir de faire de la dentelle !! hi hi

    47
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:44

    je suis bien d'accord avec toi, je pense qu'elle n'avaient pas la même vision que nous sur leur condition.

    Même si .... on ne leur faisait pas de cadeaux quand même

    48
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:45

    c'est un plaisir de partager une passion ! y a pas de mérite !!!

    49
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:46

    merci ma grande.

    Et avec la dentelle .... on a toujours des découvertes de toutes sortes à faire, youpiiiiii

    50
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:50

    c'est très généralement vrai, mais il y a hélas des conditions de travail lamentables encore aujourd'hui, même chez nous, des pressions, du stress qu'on n'imagine même pas tant qu'on n'y est pas confronté.

    plus ceux qui sont obligés de vivre et dormir dans leur voiture, bien qu'ils aient un boulot !!!!  c'est fou quand même aujourd'hui. Même nos petites apprenties dentellières avaient un toit et du feu !!!!

    51
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:54

    Mais est-ce qu'on n'exagère pas parfois dans l'autre sens : sans contraintes du tout, sans "règlements" à respecter, sans obligations, sans devoirs vis à vis des autres, de la société, de leurs proches mêmes ....  ça ne les prépare pas beaucoup à leur vie d'adulte.

    J'ai bien dit "parfois" car ce n'est quand même pas une majorité me semble-t-il.

    52
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:58

    Mais les enfants d'aujourd'hui ont-ils plus de temps libre au final ?

    combien sont les parents qui veulent à tout prix que leur enfant aient des tas d'activités, pas une minute à eux.

    Après l'école, le mercredi, le samedi, ils enchainent piscine, chorale, equitation, cours de rattrapage, judo, et pour finir soirée-télé

    Et pourquoi pas leur laisser du temps LIBRE, pour ne rien faire, pour jouer avec des riens, se créer un imaginaire .... ?

    53
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 18:58

    merci d'être fidèle ... et de prendre la peine de laisser un petit mot. Ca donne toujours du coeur à l'ouvrage

    54
    Vendredi 15 Octobre 2010 à 19:02

    Des problèmes de dos, des problèmes d'yeux, au point que certaines dentellières à l'aiguille devenaient aveugles, des problèmes respiratoires quand les petites dentellières de Valenciennes devaient travailler dans des caves humides  : ben oui, l'humidité c'est bon pour le lin !  mais pas pour la dentellière.

    Et aussi de très gros problèmes de circulation sanguine dans les jambes : elles passaient des heures assises, les pieds sur un petit réchaud rempli de braises.

    non, elle n'avaient pas un sort bien enviable, tu as raison.

    55
    Lundi 18 Octobre 2010 à 14:09

    Oui, le droit de ne rien faire, de s'ennuyer, de rêver pour les enfants; ils sont épuisés dès 16 h le mercredi... j'en retrouve pour mon atelier-dessin, lessivés, exténués ! quand on s'ennuie l'imaginaire travaille, et les futurs créateurs actifs y couvent leurs idées ; tout comme en faisant des travaux d'aiguilles. Si nos mémés les faisaient, c'est que ça leur permettait de s'évader et d'avoir l'air occupées sérieusement et officiellement ! tu m'as fait (encore une fois ! ) remonter le souvenir de ma mère, élevée chez les soeurs de la Charité : elle devait faire 1 mètre de jours Venise par heure...  Je repense à mon mari placé à 14 ans en 1954 en ferme en Normandie : presque rien à manger, une paillasse pleine de puces, travail de 5 h à 23 h et pas de douces paroles... pas si sympas les paysans Normands à l'époque ; mais cela l'a boosté pour étudier et apprendre le métier d'imprimeur; les ados ont de la "résilience" comme on dit désormais... merci Meriem, mes amitiés

    56
    Mardi 19 Octobre 2010 à 07:16

    Que cet article est intéressant ! Je sors d'un stage d'initiation au Puy et je découvre l'histoire des enfants apprentis de la dentelle... Les apprenties ne sont-elles que des petites filles ? Pas de garçon ?

    Bizzzes de l'Abeille du Jardinoux

    Danaou

    57
    Mardi 19 Octobre 2010 à 12:52

    Merci Dolorès pour ces visites et pour avoir pris la peine de laisser un si gentil commentaire.

    58
    Mardi 19 Octobre 2010 à 12:58

    C'est toujours émouvant de voir ces ouvrages d'autrefois, où rien ne se perdait comme tu dis.

    Tiens, par exemple je suis fan .... des racommodages d'autrefois!

    Quand on voit certaines dentelles, certains mouchoirs, ou même des draps,  qui sont couverts de racommodages hyper soignés, on se rend compte de la valeur qu'avait le linge, même le plus simple. C'est touchant.

    59
    Mardi 19 Octobre 2010 à 13:07

    hi hi .... j'ai eu une jeune dentellière de 7 ans en cours, le soir.

    Elle avait du mal, ce qui est rare chez les enfants qui apprennent la dentelle à une vitesse incroyable .... très vexante d'ailleurs quand on compare avec nous, les "grands" 

    Bref j'ai compris ses difficultés en réalisant qu'entre sa journée de classe et le cours de dentelle, elle avait eu danse et piscine !!!!!  rien que ça !!!!  tu m'étonnes qu'elle était crevée et avait de la peine à enregistrer !!!!

    60
    Mardi 19 Octobre 2010 à 13:18

    C'était très dur, mais comme tous les métiers à l'époque. Et puis on s'en fait peut être une image trop sombre aujourd'hui. Si les parents tenaient tant à mettre leurs filles en apprentissage .... c'est qu'ils savaient que c'était un métier qui permettait de bien gagner sa vie.

    Par contre, pour bien gagner sa vie, il fallait être une bonne, une très bonne dentellière (et  en faire toute la journée bien sûr).

    Quand on regarde le salaire des dentellières, on voit une très grande disparité. Une bonne dentllière n'était pas à plaindre. Et des métiers qui permettaient aux femmes de gagner leur vie, il n'y en n'avait pas tant que ça, et il y en avait de plus durs : je pense au métier de lavandière par exemple.

    Donc finalement ... dentellière .... ce n'était peut être pas un si mauvais plan que ça

    et effectivement, c'est un métier qui a été "tué" par la mécanique hélas.

    61
    Mardi 19 Octobre 2010 à 13:20

    Je n'ai pas vu d"exemple de contrat d'apprentissage pour des petits garçons dans les ouvrages que j'ai consultés.

    Je pense qu'il s'agissait essentiellement de petites filles ....mais tu m'intrigues avec ta question .... je vais creuser

    62
    Mardi 19 Octobre 2010 à 13:28

    Suis bien contente que tu te penches sur cette problématique... les petits garçons étaient probablement "placés" pour d'autres missions...

    Ce matin, mes 2 premiers papillons de dentellière néophyte se sont élancés de mon carreau !!! Et j'ai fait un lien vers ton article sur le sort de ces petites filles...

    Bizzzes de l'Abeille du jardinoux

    Danaou

    63
    Mardi 19 Octobre 2010 à 20:30

    Quelle érudition, je me régale!!!!!

    64
    Dimanche 24 Octobre 2010 à 10:33

    C'est absolument génial tout ce qu'on apprend! Merci

    65
    Dimanche 24 Octobre 2010 à 18:03

    ... et je pense que ça devait être à peu près la même chose pour les brodeuses à l'époque.

    Merci  de ta visite et de ton petit comm'

    66
    Mardi 2 Novembre 2010 à 20:23

    merci beaucoup pour ce bel article, j'ai lu un livre "la dentellière" ('roman) qui reprend bien ce que tu as écrit

    67
    Samedi 6 Novembre 2010 à 18:26

    c'est de qui ce roman ? ça m'intéresse bien sûr.

    68
    Dimanche 30 Janvier 2011 à 20:32

    oh non les dentellières d'autrefois ne rechignaient pas sur le travail  .... c'était souvent des 18 heures par jour !!!!! 

    69
    BSH
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    a lire cette acticle trés enrichissant ,on comprend encore mieux le non apprentissage par nos grand parents .

    Pour eux c'etaient de l'esclavage .iIs voulaient le bonheur de leurs enfants. donc ils les envoyaient  dans les usines ou le travail était difficile, mais un peu mieux remunérées et surtout un jour de repos par semaine.

    Pour nous c'est une passion pour nos grand parents (il y avait des hommes )un metier trés mal rétribué .

    les vieilles dentelliéres ne voulaient pas enseigner leur savoir qui les avaient fait tant souffrir

    bon dimanche à toutes

    BSH

     

    70
    françoise ou noam
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Ma grand-mère qui aurai 105 ans aujourd'hui était une dentellière de l'époque que tu décris . En effet, tous les jours elle devait faire 1 mètre de dentelle avant d'avoir le droit d'aller jouer avec ses frères .A l'époque elle devait avoir entre 8 et 10 ans . Si elle était encore de ce monde elle pourrait nous le raconter ...

    71
    chrystie
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci pour cet historique,les temps changent

    72
    isabelle
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Bonsoir Meriem,

    Elles étaient les exclaves de leur maitre d'apprentissage, et nous, nous sommes les esclaves de notre passion, c'est tout de même beaucoup plus agréable!

    Bizzzzzzzzzz

    73
    Linda Quenneville
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci ton texte nous apprend beaucoup de chose. 

    On apprend beaucoup aussi sur les conditions de vies des dentellières  par le roman de Janine Montupet " La dentellière d'Alençon"  

    Roman basé sur des faits historiques puisque l'auteur d'origine Algérienne a vécu 10ans en Normandie et a exploré plusieurs années les archives alençonnaises. 

    74
    Ginette
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Et bien, ce n'était pas de tout repos d'apprendre a faire de la dentelle. Moi j'aime mieux mon époque. Petite question, est ce que tu sais jusqu'à combien de fusaux on peut utilisé pour une seule dentelle, la jeune apprentie de 16 ans devait en avoir au moins entre 200 et 300 enfin je croix il ne fallait pas les enmaillé ça devait être l'enfer pour tout remettre en ordre  bisou Ginette

    75
    candiefly
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci pour tes recherches ! Un fameux travail tous tes articles tellement intéressants. Je me suis abonnée à la newsletter et dès qu'un mail me dit qu'il y a un nouvel article sur ton blog, je me précipite

    Bonne journée et bonne dentelle !

    76
    fusoline
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci pour ce sujet particulièrement intéressant sur les conditions de  travail des enfants , pour ces petits la journée devait  paraitre bien longue

    fusoline

    77
    claudette mazellier
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    bonjour , felicitations pour toutes ses informations , merci , amities dentellieres . claudette

    78
    emsoe
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Quoi ?!!! Tu n'as pas trouvé de photos de cette époque ?!!! Je suis outrée, tu n'y mets vraiment pas du tien !!! ;)

    Bon dimanche à toi Meriem

    79
    Henny
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci, Meriem, pour toutes ces informations intéressantes. Vous m'avez fait apprendre beaucoup sur la vie des petites dentellières. Celà me fait penser au temps des esclaves...

    Enfin, grâce à vous, j'ai appris beaucoup!

    80
    stefi
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    et dire que nos enfants se plaignent !!!!

    C'est très intéressant de connaitre les conditions de travail de ces dentellières en herbe . Merci pour toutes ces recherches .

    bonne journée , bisous

    81
    angélique
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    bonjour MERIEM quand je pense a ma fille de 8 ans qui elle est demandeuse pour faire de la dentelle aux fuseaux et arrive dans les bons jours a ce concentrer pour 1 heure comme je plainds ces petites filles de l'epoque !!! maintenant que j'ai vu ce joli reportage je me plaindrais plus de ne pas faire de dentelle aussi souvent que je voudrais !!! Vive l'année 2010 ou la dentelle est un loisir  BISES et merci.

     

    82
    sylvieho
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci et encore merci pour tous ces reportages, que je lis toujours avec grand plaisir

     

    83
    Dolorès
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    J'ai découvert il y a peu votre site. Je passe de temps en temps et j'adore. Merci pour toutes ces recherches que vous faîtes et que vous nous rapportez.

    Amitiés

    Dolores

    84
    thalia
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Il en était de même pour les petites fileuses et les petites brodeuses (de broderie blanche) d'antan.

    J'ai la chance de posséder un ancien échantillon de point de croix, reproduisant des animaux et insectes sur des morceaux de lin cousus, les uns aux autres parce que rien ne se perdait. Il fut brodé par une petite fille, ou une jeune fille pendant qu'elle gardait les vaches. Le temps non plus ne se perdait pas.

    Vive l'école obligatoire !

    85
    Jacqueline
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Merci pour cet article bien documenté. Je fais de la généalogie en amateur, et j'ai découvert deux dentellières, sur deux générations, parmi mes ancêtres. Elles étaient à Bayeux même, au 19ème siècle. Les conditions étaient peut être moins dures à cette époque là que celles que vous décrivez sur le siècle d'avant. Enfin je l'espère pour elles ! A la troisième génération, à la fin du siècle, leur fille et petite fille est partie à Paris pour trouver du travail. La dentelle mécanique avait pris le relais.

    Amitiés, Jacqueline

    86
    Jeannine
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    A cette époque les enfants qui parvenaient à 6-7 ans avaient déjà beaucoup de chance. Ils étaient dans les 50% des enfants qui atteignaient cet âge. On parle de familles recomposées maintenant mais à cette époque il y avait beaucoup de 2ème mariage voir plus aussi bien pour les hommes que les femmes. Je pense que les enfants ne devaient pas se poser de question c'était ainsi. Bises et caresses à tes 4 pattes

     

     

    87
    Jeannine
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Je fais de la généalogie également je n'ai pas de dentellière dans mes ancêtres pour l'instant,peu de chance en Bretagne, mais j'ai trouvé des filles orphelines de 14-15 ans qui étaient mariées pour leur bien! à cet âge. A 20 ans elles avaient déjà plusieurs enfants et lorsque l'on sait que beaucoup de femmes décédaient très jeunes en couches elles avaient peu de chance d'avoir une longue vie. J'ai 61 ans et je sais que des jeunes filles orphelines de quelques années de plus que moi étaient également placées en ferme et devaient travailler très dure. Ceci date des années 45/50 donc pas si vieux que çà.

     Bises et pleins de caresses à tes 4 pattes.

     

     

    88
    francinette
    Vendredi 31 Août 2012 à 20:09

    Très belle histoire, à l'époque c'était certainement difficile , mais on ne rechignait pas sur le travail, on avait pas le choix!!!La dentelle est vraiment un travail splendide, d'une finesse extême. Biz

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